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Aérospatiale En Vedette
L’espace à la Une

Fusée et mode de lancement en vedette.

mai 10, 2022  By Pierre Deschamps


(Photo credit: NASA)

À lire les grands titres des journaux, imprimés ou numériques, l’espace est devenu un sujet d’actualité de premier plan. Il ne se passe en effet presque pas un jour sans qu’une nouvelle relative à un lanceur, à un satellite, à une station spatiale habitée, à un voyage vers Mars ou à des images reçues du fin fond de l’univers ne nous soit relayée.

Récemment, on nous fait savoir que la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis avait de nouveau reporté sa décision concernant l’évaluation environnementale du projet de SpaceX qui est de lancer sa fusée Starship depuis la base de la société au Texas.

En retardant pour une quatrième fois la publication de cette étude, l’administration fédérale retardait d’autant le lancement de la fusée en question. Il s’ensuit que cette publication devrait maintenant être rendue publique le ou vers le 31 mai prochain. À l’origine, le premier vol orbital de la fusée Starship avait été fixé à janvier de cette année.

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D’un tout autre projet spatial, on apprend que depuis leur retour au bâtiment d’assemblage des véhicules, les équipes des systèmes au sol ont travaillé à préparer la fusée Artémis 1 Space Launch System (SLS) et le vaisseau spatial Orion pour les reconduire sur la rampe de lancement 39B à la fin du mois de mai pour terminer le test de répétition générale entre le début et la mi-juin.

À cette occasion, les ingénieurs ont remplacé un clapet anti-retour à l’hélium défectueux sur l’étage de propulsion cryogénique intermédiaire qui a été identifié après la deuxième tentative de répétition générale. Les ingénieurs ont inspecté la vanne et ont trouvé un petit morceau de caoutchouc qui empêchait la vanne de s’étanchéifier correctement.

Les équipes examinent les sources possibles des débris, mais n’ont constaté aucun problème avec la vanne elle-même et prévoient tester la vanne nouvellement installée bientôt pour confirmer qu’elle fonctionne comme prévu.

Les ingénieurs ont également effectué des tests pour remédier à une fuite d’hydrogène sur l’un des deux ombilicaux du mât de service de queue entre le lanceur mobile et la fusée. Par ces ombilicaux transitent de l’oxygène liquide et des ergols à hydrogène liquide ainsi que des connexions électriques, du lanceur mobile à l’étage central de la fusée pendant le compte à rebours du lancement. Les équipes ont effectué des contrôles d’étanchéité sur tous les joints et ont serré plusieurs boulons de bride pour augmenter leur résistance à la compression, lesquels peuvent se desserrer avec le temps et auraient pu être à la source la de la fuite.

Du côté de secteur spatial russe, le lancement inaugural d’une fusée porteuse Robot-M depuis le centre spatial de Plesetsk est prévu pour 2024, a déclaré le PDG du Centre spatial Khrunichev (du nom du développeur de la fusée), Alexey Varochko. La fusée porteuse légère Rokot est dérivée du missile balistique intercontinental RS-18 réalisée dans le cadre du programme de reconversion du matériel militaire en produits civils.

Ce dernier a également indiqué que le lancement inaugural de la fusée porteuse améliorée Rokot-M avait été initialement prévu pour 2022, mais, à la suite d’un audit détaillé, les experts ont conclu que le reste de l’équipement du transporteur spatial devait également être mis à niveau.

« Nous avons dû régler certains problèmes concernant l’équipement au sol, a déclaré Alexey Varochko. Nous avons également pris un certain nombre de décisions concernant le système de contrôle, à savoir abandonner le système actuel, qui est obsolète, et installer de l’équipement à jour. »

Pour sa part, Eric Robinson, co-fondateur de Green Launch, a annoncé le premier lancement vertical Light-Gas pour l’accès à l’espace. Tout récemment, au Yuma Proving Grounds au nord de Yuma, en Arizona, cette entreprise a lancé un projectile dans la stratosphère.

Celui-ci avait ceci de particulier : le propulseur de lancement contenait de l’hydrogène chaud qui est le gaz le plus rapide connu. Ce tube de lancement de 54 pieds de long permet d’accéléré la charge utile à une vitesse supérieure à Mach 3. Ce lancement à impulsion « preuve de concept » ouvre la voie à des tirs à plus grande vitesse en 2022 pour dépasser la ligne Karman de 100 km qui est le bord de l’espace. 

« L’astuce consiste à utiliser un gaz léger comme l’hydrogène, qui a un poids moléculaire très faible, a déclaré le directeur technique de Green Launch, John Hunter. Vous pouvez obtenir des vitesses très élevées qui ne sont pas possibles avec des modes de lancement traditionnel. Notre système n’émet aucune émission de carbone et nous permettra de révolutionner l’accès à l’espace et d’ouvrir le système solaire à l’exploration habitée. »

Concrètement, les chercheurs ont construit un genre de long tube puis l’ont rempli avec de l’hydrogène, de l’hélium et de l’oxygène. En actionnant le canon, les gaz se dilatent très rapidement, ce qui propulse le projectile placé à son extrémité à des vitesses phénoménales. Les dirigeants de Green Launch affirment que le record absolu a été établi à 11,2 km/s, soit presque 33 fois la vitesse du son, mais indiquent vouloir quant à eux se limiter à 6 km/s pour étendre la durée de vie de leurs équipements.

« Des satellites et des fournitures peuvent être en orbite en 10 minutes, soutient Eric Robinson. De plus, nous pouvons lancer toutes les 60 à 90 minutes. Cela nous permettra d’être le service de livraison “The Next Day Air” dans l’espace ».

De son côté, la NASA a accepté de tester le lanceur cinétique de la start-up SpinLaunch, un accélérateur circulaire géant qui vise à lancer des satellites de 200 kilogrammes dans l’espace. Le lanceur SpinLaunch basé en Californie est situé dans les installations de Spaceport America au Nouveau-Mexique où il effectuera un vol d’essai avec la NASA plus tard cette année, selon la firme. 

Soutenue par Airbus Ventures, Google Ventures et Kleiner Perkins, la société SpinLaunch prévoit de lancer ses premières charges utiles orbitales en 2025. Déjà en octobre dernier, elle testait son accélérateur suborbital, atteignant des vitesses pour la charge utile de plus de 1 000 miles par heure (1 609 kilomètres par heure). 

L’accélérateur suborbital de SpinLaunch est un aspirateur en acier de 108 pieds (33 mètres) de diamètre avec un bras rotatif interne à entraînement électrique qui éjecte la charge utile à travers une goulotte, dirigée vers l’espace. Un accélérateur orbital beaucoup plus grand qui mesure 308 pieds (100 mètres) de diamètre pourrait lancer un véhicule contenant une charge utile, comme un satellite, à des vitesses allant jusqu’à 5 000 miles par heure (8 000 kilomètres par heure). 

SpinLaunch prévoit de tirer sur la première charge utile de la NASA plus tard cette année dans le cadre d’un vol d’essai et prévoit également de récupérer la charge utile.
https://www.telesatellite.com/
https://www.zdnet.com/
https://greenlaunch.space/
https://www.spinlaunch.com/
https://www.nasa.gov/
https://www.spacex.com/


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