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La croissance est de retour dans le secteur manufacturier


11 mai 2011
Par Rob Colman

MONTRÉAL — Après les durs coups subis durant la crise économique, voilà que le secteur manufacturier québécois montre des signes encourageants de croissance. En effet, selon une étude rendue publique par Sous-Traitance Industrielle Québec (STIQ), plus de 50 % des PME manufacturières ont connu une augmentation d’au moins 5 % de leur chiffre d’affaires en 2010. De plus, la majorité des entreprises (77 %) ont fonctionné à plus de 50 % de leur capacité maximale de production, une augmentation de 10 % par rapport à 2009.

Le 10 mai, STIQ a dévoilé les résultats de son Baromètre industriel québécois, une vaste enquête effectuée auprès de 400 PME manufacturières de la province. Cette étude démontre que les PME semblent avoir retrouvé confiance en l’avenir, investissant en grand nombre (64 % des répondants) une part de leur chiffre d’affaires dans l’achat d’équipements, et ce, dans une proportion plus élevée que la croissance du PIB canadien en 2010, soit plus de 2 %.

Les progrès observés peuvent être liés à diverses stratégies déployées par les PME, notamment la diversification de leur clientèle. Ainsi, plus du tiers des répondants (39 %) associent plus de 10 % de leur chiffre d’affaires à de nouveaux clients et seulement un dixième des entreprises avouent concentrer plus de 75 % de leurs ventes auprès de trois clients majeurs. Ces données sont particulièrement positives quand on considère que les entreprises possédant un carnet de commande diversifié et œuvrant dans différents secteurs d’activité dépendent moins de quelques grands clients pour assurer leur subsistance, et sont donc moins vulnérables aux fluctuations de l’économie.

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Pourtant, malgré ces signaux prometteurs, l’enquête révèle que plusieurs défis se dressent encore sur le chemin des entrepreneurs. Ainsi, STIQ constate que 61 % des entreprises interrogées remportent moins de la moitié des soumissions qu’elles effectuent. Ce résultat peu reluisant peut être attribué en partie au fait que plusieurs grandes entreprises ont retardé le démarrage de projets à cause de la crise, projets pour lesquels elles avaient lancé des appels d’offres, n’attribuant ainsi aucun contrat aux fournisseurs. « Par contre des problèmes structuraux plus profonds peuvent également être mis en cause » a rappelé M. Normand Voyer, vice-président exécutif de STIQ, une association qui intervient directement auprès des entreprises manufacturières.

En effet, selon M. Voyer « ce faible taux de succès peut être dû à l’écart grandissant entre les besoins et attentes des donneurs d’ordres et les capacités des sous-traitants ». Il soutient ainsi que les PME ont souvent de la difficulté à estimer leurs coûts afin de répondre de façon compétitive aux appels d’offres et, dans plusieurs cas, n’ont pas les reins assez solides financièrement pour s’engager dans les projets complexes pour lesquels les grandes entreprises sollicitent des partenaires à long terme. »

« De plus, les fournisseurs québécois connaissent des retards au niveau de la capacité technique et de l’implantation des meilleures pratiques d’affaires et des principes d’amélioration continue dans leurs usines. Ceci nuit à leur productivité et mine leur compétitivité par rapport aux concurrents étrangers lors d’appels d’offres internationaux » a-t-il conclu.

STIQ a produit cette étude afin d’offrir un portrait inédit du domaine industriel et compte bien poursuivre cette pratique d’année en année afin de mesurer l’évolution de ce secteur clé pour l’économie québécoise.

www.stiq.com