Génie de Conception

En Vedette Énergie
Les avancées du gaz naturel renouvelable

Une production en croissance rapide


18 octobre 2021
Par Pierre Deschamps
(Photo credit: GNR Québec Capital)

Presque à pareille date l’an dernier, le gouvernement du Québec publiait son Plan pour une économie verte 2030 dans lequel il annonçait vouloir « porter à 10 % le volume minimal de gaz naturel renouvelable injecté dans le réseau de gaz naturel à l’horizon 2030 ».

Dans ce document, il précisait que « le gaz naturel renouvelable [..] a le potentiel d’être injecté dans le réseau de gaz naturel et ainsi de “verdir” cette forme d’énergie, la biomasse forestière résiduelle pouvant être utilisée notamment pour la chauffe » des bâtiments. Fait à souligner, cette déclaration de principe était assortie d’une enveloppe de 213 M$ pour le développement de ce type d’énergie.

Comme le soulignait à l’époque GNR Québec Capital, une firme qui se consacre au développement d’installations innovantes et performantes de traitement des déchets organiques, en vue de produire et de distribuer du gaz naturel renouvelable (GNR) au Québec : « … le Québec est l’une des trois provinces canadiennes les plus actives dans la production de GNR, avec la Colombie-Britannique et l’Ontario.

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Alors que le Québec a adopté une Politique énergétique 2030 ambitieuse, les entreprises de la province ont une place à prendre dans le marché mondial et canadien du GNR. Plus d’une soixantaine de sites produisent déjà du biogaz au Québec. »

Déjà en novembre 2018, Énergir rendait publique une étude menée de concert WSP Canada et Deloitte dont les conclusions venaient conforter sa volonté d’être un producteur de GNR de premier plan.

« Les résultats de cette étude sont forts prometteurs et démontrent que dès 2018, le potentiel technico-économique s’élève à 12 % du volume de gaz naturel distribué actuellement par Énergir au Québec, soit 25,8 M de GJ. À l’horizon 2030, cette proportion pourrait plus que quintupler grâce à l’implantation de technologies en développement, en atteignant les 2/3 du volume actuel, soit 144,3 M de GJ. ».

Depuis, Énergir s’est positionnée, entre autres, comme un partenaire de choix des municipalités, affirmant que : « Nos déchets de table et autres matières résiduelles ont de l’énergie à revendre ! En les transformant en gaz naturel renouvelable, une énergie de source 100 % renouvelable, plusieurs municipalités québécoises pourront réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). »

À titre d’exemple, « la municipalité de Saint-Hyacinthe [..] a été la première ville au Québec à produire de l’énergie grâce à la biométhanisation et à faire ainsi un pas de plus vers l’autonomie énergétique. Déployée en partenariat avec Énergir, cette initiative permettra de chauffer les bâtiments et de propulser des véhicules de la Ville, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

À terme, ce projet permettra une réduction annuelle de 25 000 tonnes de gaz à effet de serre ». Autre exemple, celui de la Ville de Québec qui injectera dès 2023 du gaz naturel renouvelable dans le réseau d’Énergir dès que la construction du centre de biométhanisation de l’agglomération de Québec (CBAQ) sera terminée.

Dans la foulée de son Plan pour une économie verte 2030, le gouvernement du Québec a accordé, en mars 2020, une aide financière de 8 millions de dollars à l’entreprise Agriméthane Saguenay pour son projet de production de gaz naturel renouvelable.

Comme le soulignait alors le ministère l’Énergie et des Ressources naturelles : « Cette aide financière est accordée dans le cadre du Programme de soutien à la production de gaz naturel renouvelable, à son injection ou à sa connexion au réseau de distribution de gaz naturel (PSPGNR). Il s’agit de la première aide financière accordée dans le cadre de ce programme mis en place en novembre dernier par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN). »

En juillet de l’an dernier, le gouvernement attribuait la « somme de 70 M$ en aide financière qui est réservée sur trois ans afin de soutenir la production de gaz naturel renouvelable (GNR) [..] cette enveloppe [permettra] de soutenir la réalisation de huit projets de production de GNR pour une somme totale de 45 M$, soit 15 M$ pour contribuer financièrement à la construction des installations de production de GNR, et 30 M$ pour connecter les sites de production de GNR au réseau de distribution de gaz naturel ».

Dans une récente édition, le site Transport routier faisait état d’une table ronde l’Association du camionnage du Québec qui, le 14 octobre dernier, réunissait « plusieurs grosses pointures du gaz naturel et des énergies renouvelables » (l’Alliance canadienne pour les véhicules au gaz naturel, Wesport Fuel Systems, Hyliion, Cummins Westport, Énergir) qui ont abordé à cette occasion « les perspectives à court terme pour la motorisation au gaz naturel renouvelable ».

De ces discussions, retenons que : « D’ici 2030, le potentiel total de production [de GNR] au Québec permettrait d’éviter 7,2 millions de tonnes de GES, soit l’équivalent des émissions de 1,5 M de voitures », le tout rendu possible grâce aux « 15 projets de production de GNR […] actuellement en activité, en construction ou en développement » au Québec.

En somme, l’avenir de la production de gaz naturel renouvelable au Québec semble prometteur. Reste à savoir si les investissements à long terme suivront et si des critères environnementaux futurs pourraient en limiter l’expansion.
https://www.quebec.ca/gouv/politiques-orientations/plan-economie-verte
https://gnrqc.ca/
https://www.energir.com/
https://www.wsp.com/fr-CA
https://www2.deloitte.com/ca/fr.html
https://www.transportroutier.ca/