Génie de Conception

En Vedette
Une énergie à l’eau


9 mars 2020
Par Pierre Deschamps

Au dire de Ressources naturelles Canada, « plusieurs facteurs socio-économiques font que le photovoltaïque (PV) devient une technologie d’énergie renouvelable de choix au Canada : le besoin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), la déréglementation et la restructuration des compagnies de production d’électricité. ».

À la lumière de ce qui se passe un peu partout dans le monde, ce constat pourrait émaner d’une agence de l’énergie présente dans un pays européen, africain, asiatique, voire océanien comme l’Australie où cette forme de production d’énergie à le vent dans les voiles depuis quelque temps.

Troisième exportateur mondial de combustibles fossiles, essentiellement du charbon et du gaz, l’Australie, fortement tributaire des revenus tirés de l’exportation de ces combustibles, est à la recherche de solutions plus durables, comme le montre un tout récent projet solaire.

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Il s’agit d’un projet proposé par Sun Cable, une société ayant pignon sur rue à Singapour et en Australie. Elle prévoit établir une ferme solaire de 10 GW (avec environ 22 GW de stockage sur batterie) répartie sur 15 000 hectares près de Tennant Creek, dans le Territoire du Nord.

L’électricité produite est destinée à alimenter Darwin, la capitale de cette région, et, surtout, à être exportée vers Singapour au moyen un câble sous-marin de type HVDC courant sur quelque 3 800 km. Les promoteurs de ce projet d’une valeur d’environ 20 milliards de dollars australiens estiment pouvoir terminer les travaux en 2027. Ce qui permettrait de remplacer une grande partie de l’électricité produite à partir de combustibles fossiles utilisée à Darwin et un cinquième de celle consommée à Singapour.

Mais ce n’est pas tant le solaire terrestre qui retient surtout l’attention que le solaire flottant qui s’installe un peu partout sur des points d’eau situés sur tous les continents.

Au Pays-Bas, la ferme solaire flottante de Sekdoorn, d’une puissance totale de 14,5 MWc (ou 14,5 Méga watt-crête), a été récemment achevée après six semaines de travaux. Il s’agit de la vitesse de construction la plus rapide jamais atteinte par l’entreprise allemande spécialisée dans le secteur des énergies renouvelables BayWa re, qui a collaboré avec son partenaire néerlandais GroenLeven pour construire la centrale électrique. L’usine de Sekdoorn devrait être opérationnelle au cours du premier semestre de 2020.

Comme le souligne le site de Forbes, solaire flottante de Sekdoorn, la plus grande installation solaire flottante aux Pays-Bas et la deuxième en Europe à ce jour après le projet O’MEGA1 en France (implanté sur un plan d’eau artificiel d’une carrière désaffectés pour une puissance totale de 17 MWc), aura un rendement énergétique annuel de 13 330 MWh, ce qui permettra d’alimenter l’équivalent de 4 000 ménages. Et de réduire de quelque 6 500 tonnes les émissions de CO2 par année.

Par ailleurs, BayWa re prévoit la construction l’année prochaine d’un autre parc solaire flottant aux Pays-Bas, soit une installation de 27,3 MWc qui sera la plus grande d’Europe.

Au Pays-Bas toujours, la société Seaflex a inauguré récemment le site de Middenmeer, un parc solaire flottant de 2,5 MW. L’ensemble du parc se compose de 6 200 flotteurs, et de 104 panneaux au total. Lors du passage de la tempête Ciara, en février dernier, l’installation a résisté sans problème à des vents qui par moment ont atteint la vitesse de 130 km/h.

« En Belgique, le gouvernement flamand a annoncé en janvier 2019 six projets photovoltaïques flottants totalisant 11,1 MW. Au Portugal, il est prévu un projet hydro-solaire hybride qui implique l’installation de panneaux solaires flottants sur un réservoir pour compléter une centrale hydroélectrique existante », a déclaré Walburga Hemetsberger, directrice générale de SolarPower Europe.

Mentionnons au passage que la Banque mondiale estime en outre que 10 % des réservoirs d’eau douce artificiels en Europe pourraient produire plus de 200 GWc, si des panneaux flottants y étaient installés.

Au Japon, la centrale solaire flottante, d’une superficie de 330 000 pieds carrés, installées sur les plans d’eau de Nishihira et de Higashihira, à Kato, dans la région de Kobe, produit depuis plusieurs mois déjà 16 170 MWh sur une base annuelle, soit assez pour répondre aux besoins énergétiques d’environ 5 000 ménages.

D’autre part, signalons qu’en octobre dernier Ciel et Terre USA, en collaboration avec Renewable Energy et RETTEW, a annoncé l’achèvement du parc solaire flottant Hydrelio (4,4 MW) situé à Sayreville, au New-Jersey. À ce jour, il s’agit de la plus grande installation du genre en exploitation en Amérique du Nord.

En Afrique, un accord pour la construction aux Seychelles de la première ferme solaire flottante du continent (5,8 GWh par an) va être signé ce trimestre. Le projet est soutenu par la Facilité africaine de soutien juridique et la Fondation Clinton, Trinity International LLP et Multiconsult Norge AS servant de conseillers en transactions et en appels d’offres.

Force est donc de constater que sur tous les continents du global, l’énergie solaire flottante gagne en popularité, notamment en raison du fait que de telles installations n’occupent pas de surfaces au sol qui peuvent être utilisés à d’autres fins.
https://www.rncan.gc.ca/energie/sources-denergie-et-reseau-de-distribution/energies-renouvelables/energie-solaire-photovoltaique/7304
https://www.suncable.sg
https://www.forbes.com
https://www.solarpowereurope.org
http://www.seaflex.net
https://global.kyocera.com/?_ga=2.261480971.764880767.1583597357-142312114.1583597357
https://www.ciel-et-terre.net