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Québec dévoile enfin sa Politique industrielle québécoise 2013-2017


29 octobre 2013
Par Eric Cloutier
Élaine Zakaïb, ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec

Attendue avec impatience par les manufacturiers, la Politique industrielle québécoise 2013-2017 a finalement été rendue publique, le 10 octobre, par la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb.

Cette politique s’inscrit dans le cadre de la Politique économique Priorité emploi qui avait été dévoilée par la première ministre du Québec, Pauline Marois, trois jours auparavant.

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«Avec sa politique industrielle, le gouvernement investira plus de 1 milliard de dollars dans l’industrie manufacturière et créera à terme plus de 25 000 nouveaux emplois durables et de qualité. La Politique industrielle québécoise donnera les moyens au Québec et à ses entreprises de suivre la cadence d’une économie moderne, plus verte et plus innovante», a déclaré la ministre Zakaïb.

 


La ministre soutient qu’il importe de repenser les modèles de développement du secteur manufacturier au Québec – des modèles qu’elle considère désuets – afin que celui-ci puisse être concurrentiel à l’échelle mondiale. Selon Mme Zakaïb, le secteur manufacturier a connu un déclin dans tous les pays industrialisés au cours des deux dernières décennies.

 

«Il faut se donner une vision, revoir notre approche et établir une stratégie globale, cohérente et intégrée. Il faut moderniser nos entreprises, les rendre plus vertes et mieux équipées en technologies de pointe. Il faut les aider à grandir, à innover et à exporter. Il s’agit exactement du rôle de notre politique industrielle, qui est le fruit d’une large consultation menée auprès des acteurs clés du milieu économique», affirme-t-elle.

 

La Politique industrielle québécoise 2013-2017 portera sur trois stratégies d’interventions. La première consiste à moderniser et rendre plus vertes et plus innovatrices les entreprises manufacturières. Québec entend consacrer 461 millions $ pour l’atteinte de cet objectif.

 

«La compétitivité exige non seulement d’être plus productif, mais aussi d’être plus vert. Des mesures seront mises en place, dont des crédits d’impôt spécifiques aux PME manufacturières, pour accélérer la mécanisation, l’automatisation et la robotisation des procédés de fabrication, tout en intégrant les technologies de l’information et des communications dans la logistique, les processus d’affaires et les procédés industriels», peut-on lire  dans un communiqué émis par le cabinet de la ministre Zakaïb.

 

La ministre ajoute qu’un nouveau programme, ÉcoPerformance, sera mis sur pied et géré par le ministère des Ressources naturelles pour aider les entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Un volet de sensibilisation aux pratiques écoresponsables et à l’acquisition de certifications vertes reconnues est également prévu.

 

Le second objectif vise à favoriser l’émergence, dans toutes les régions du Québec, de 300 nouvelles PME manufacturières considérées prometteuses afin de leur faire atteindre le statut de moyennes entreprises. Le montant investi pour accompagner ces entreprises au cours des quatre prochaines années sera de 254 millions $.

 

«Le tissu industriel québécois est composé d’une majorité de PME, ce qui donne une industrie vivante et flexible. Il faut cependant augmenter le nombre de moyennes entreprises capables d’agir comme donneurs d’ordres. Pour la première fois au Québec, le ministère des Finances et de l’Économie, Investissement Québec et les centres locaux de développement vont travailler de concert dans le cadre de plans régionaux d’intervention en entreprise (PRIE) mis en œuvre dans chacune des régions du Québec. C’est d’ailleurs déjà commencé», a indiqué la ministre.

 

«Cet accompagnement offrira une démarche personnalisée et un chargé de projet attitré pour donner à ces « gazelles » toutes les chances de croître et de devenir nos fleurons de demain. Une cartographie des chaînes d’approvisionnement dans les secteurs stratégiques et émergents sera aussi élaborée afin de mettre en évidence les lacunes au sein de ces chaînes et de déterminer quelles PME québécoises pourraient les pallier», précise-t-à son cabinet.

 

Quant au troisième dont la somme injectée pour sa réalisation se chiffrera à 328 millions $, il portera sur l’appui à l’innovation, et cela de l’étape de l’idée à celle de la commercialisation de produits manufacturiers.

 

«Pour être efficace, il faut agir sur tous les fronts en même temps, de façon intégrée et à court, moyen et long terme. C’est la seule façon de construire ensemble une économie plus productive, plus compétitive et plus verte», a conclu la ministre.