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Neptec concevra un nouveau système de vision pour la SSI


25 janvier 2016
Par Eric Cloutier
Cette image conçue par ordinateur montre le robot Dextre (à droite), à l'extrémité du Canadarm2, tenant un système de vision évolué qui sera lancé vers la Station spatiale internationale (SSI)en 2020. Ce robot à tout faire de l'Agence spatiale canadienne (ASC) utilisera cet outil pour inspecter et protéger les surfaces externes de la SSI. (Photo : Gracieuseté de l’Agence spatiale canadienne et Neptec.)

La compagnie ontarienne Neptec Design Group a décroché un contrat de 1,7 million $ d’Ottawa pour la conception d’un nouveau système de vision qui sera installé sur Dextre, le robot à tout faire de l’Agence spatiale canadienne (ASC) à bord de la Station spatiale internationale (SSI), et qui sera lancé en 2020.

 

Ce contrat de conception de ce système de vision évolué a été annoncé, le 7 janvier, par le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique et ministre responsable de l’ASC, Navdeep Bains. M Bains était accompagné de Greg Fergus, secrétaire parlementaire, et de Sherry Romanado, députée de la circonscription de Longueuil–Charles-LeMoyne.

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Il s’agit d’un système de vision qui aura recours à une combinaison de trois capteurs – en l’occurrence un laser 3D, une caméra HD et une caméra infrarouge – pour aider à l’inspection et à l’entretien de la structure vieillissante de la SSI.

Le robot Dextre utilisera ce système afin d’inspecter les surfaces externes de la station et de repérer tout signe d’endommagement.

«L’environnement hostile de l’espace a des conséquences néfastes sur la station : en plus du vieillissement naturel des matériaux du laboratoire spatial, de petites météorites et des débris orbitaux entrent souvent en collision avec la station. À peu près de la taille d’un four à micro-ondes, le nouveau système de vision révélera des dommages qui, dans certains cas, sont invisibles à l’œil nu, ou qui se trouvent à des endroits difficiles à atteindre ou à voir», lit-on dans un communiqué émis par l’ASC, le 7 janvier.

«Neptec est fière d’adapter ses technologies LIDAR 3D et de caméras infrarouges de calibre mondial afin d’améliorer l’exploitation sécuritaire de la Station spatiale internationale et de contribuer à l’avenir de l’exploration de l’espace. Les retombées de cette technologie nous conféreront un avantage dans les marchés mondiaux pour ses applications terrestres, comme l’amélioration de la productivité minière, l’exploitation plus sécuritaire de l’infrastructure pétrolière et gazière sous-marine, et le guidage des véhicules autonomes», a souligné Paul Nephin, président-directeur général de Neptec Design Group Ltd.

L’ASC précise que cette technologie «est issue d’une longue série de systèmes de vision de Neptec, dont un système de caméra laser installé sur le Canadarm2 ayant servi à inspecter les tuiles des navettes spatiales américaines» et que des «capteurs de rendez-vous et d’amarrage ont également été utilisés sur les vaisseaux de ravitaillement Cygnus d’Orbital ATK pour faciliter l’amarrage à l’ISS».

L’Agence soutient également que les inspections sur la structure de la SSI sont actuellement effectuées à l’aide de caméras installées sur le Canadarm2 et Dextre, et grâce à des photos tantôt prises par les membres de l’équipage à partir de l’intérieur de la station, tantôt par des astronautes effectuant des plans rapprochés lors de sorties dans l’espace. Cependant, des opérations de ce genre comportent des risques élevés pour ces astronautes. L’ASC estime ainsi que des inspections régulières s’avèrent essentielles. Elle explique que le nouveau système de vision de Dextre réduira considérablement ces risques puisqu’il sera commandé au sol par des contrôleurs de mission depuis le Centre spatial Johnson de la NASA, à Houston, au Texas, ou à partir du siège social de l’ASC, dans l’arrondissement Saint-Hubert de la Ville de Longueuil.

À noter enfin que le public aura accès à l’imagerie que générera le système de vision que développera Neptec, ce qui lui permettra d’observer l’ISS d’un point de vue inédit.

«La conception et le développement de technologies pour la Station spatiale internationale ont permis à l’industrie spatiale canadienne de devenir un chef de file mondial dans les domaines de la robotique et de l’optique spatiales. Le gouvernement du Canada est heureux de fournir cette nouvelle technologie qui fait appel à ces deux domaines de pointe, en plus de permettre au monde de voir la Station spatiale internationale sous un tout nouveau jour», a déclaré, pour sa part, le ministre Bains.

www.asc-csa.gc.ca