Génie de Conception

En Vedette
L’impression 3D au secours de la planète

Pour fabriquer rapidement et à moindre coût masques et valves.


6 avril 2020
Par Pierre Deschamps

Les sceptiques étaient nombreux quand les premières initiatives d’impression 3D, que l’on appelle aussi fabrication additive, ont été publicisées. On traitait alors leurs concepteurs de joyeux farfelus, de doux rêveurs, même parfois d’illuminés délirants. Or la survenue du coronavirus, qui a déclenché la pandémie connue sous le nom de COVID-19, est en passe de faire oublier ces insultes plus ou moins excessives.

La raison en est bien simple : la pénurie de masques de protection étant ce qu’elle est sur toute la planète, l’impression 3D est devenue aux équipements de protection ce que la pénicilline a été pour le traitement d’infections bactériennes : elle permet de sauver des vies en grand nombre. Si bien que la fabrication de masques protecteurs en impression 3D est en passe de devenir la solution qui permettra de disposer rapidement et en fort volumes des masques et des visières si nécessaires en milieu hospitalier.

Ainsi le journal Le Soleil rapportait dans une récente édition que « des dizaines d’employés de Panthera Dental à Québec sont à pied d’œuvre pour fabriquer différents prototypes de matériel conçu pour protéger les soignants […] Panthera Dental possède une vingtaine d’imprimantes 3D et comme elle est bien connue dans le milieu médical l’entreprise reçoit beaucoup de demandes liées à la pandémie ».

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Dans la même édition du quotidien de Québec, on mentionnait également que : « L’entreprise d’impression 3D Fablab [de Montréal] a également été contactée par la santé publique afin de mettre ses imprimantes aux services des médecins ». On précisait également que : « Voxel Factory, qui a pignon sur rue à Montréal, vend des imprimantes 3D professionnelles conçues pour les entreprises. Le directeur des ventes, François Lahey, est également en contact avec différents hôpitaux ».

Qui plus est, « les petites entreprises qui font de l’impression 3D sont également sollicitées. Le Studio de photo Éric Paré, qui possède une seule imprimante 3D, a été contacté par une médecin, qui souhaitait avoir une visière pour se protéger des risques de contamination ».

Pour sa part, Le Droit, d’Ottawa, soulignait qu’« un petit groupe d’étudiants et d’étudiantes [de l’Université d’Ottawa] s’affairent actuellement à combler les besoins des professionnels de la santé en créant des protecteurs faciaux en plastique grâce aux imprimantes 3D et aux découpeurs au laser de l’atelier Makerspace ».

Selon ce quotidien, « l’équipe réussit à produire une centaine de masques par jour. De nombreuses demandes ont déjà été reçues, notamment de la part de l’Hôpital Montfort. Dans un communiqué de l’Université d’Ottawa, on souligne que les dirigeants de Montfort ‘’sont soulagés d’avoir possiblement trouvé une solution à la pénurie d’équipement de protection individuelle’’».

« En parallèle, précise Le Droit, l’équipe de l’atelier Makerspace s’affaire à produire un prototype de ‘’ventilateur à faible coût’’ pouvant être utilisé pour des patients hospitalisés en raison de complications de la COVID-19.

Toujours selon ce même quotidien, « Mathieu Desmarais, de son côté, a une imprimante 3D chez lui depuis un peu plus d’un an. À l’aide de modèles déjà ‘’approuvés en Europe’’ disponibles sur le web, il peut fabriquer quotidiennement une douzaine de visières comme celles utilisées par les professionnels de la santé devant soigner des patients atteints – ou potentiellement atteints – de la COVID-19 ».

L’Écho de Maskinongé relate quant à lui que : L’entreprise mauricienne Concepts 3DG a récemment offert ses services au premier ministre François Legault pour la conception et l’impression de matériel médical en trois dimensions. ‘’Nous avons une expertise et on souhaite la mettre à profit pour la société […] On a ce qu’il faut pour fabriquer certains articles indispensables. On se sent responsable comme entreprise. On veut contribuer à sauver des vies. Il est important dans une crise semblable de travailler tous ensemble’’ », raconte Tommy Gélinas, copropriétaire.

ICI Nouveau-Brunswick mentionne que « Malcom Goth, un amateur d’imprimantes 3D de Sainte-Marie-de-Kent, au Nouveau-Brunswick, a ajouté son nom à la liste mondiale de bénévoles qui possèdent l’équipement ou les compétences pour imprimer du matériel médical en trois dimensions en cas de pénurie ».

En France, le journal L’Usine nouvelle annonce que : « Grâce à l’impression 3D, les initiatives se multiplient en France et en Europe pour produire des visières de protection à destination des soignants, en attendant une industrialisation du processus. Renault, Armor, Décathlon et BASF, entre autres, s’associent à des universités et CHU, tandis que les fabricants d’imprimante 3D rendent leurs plans accessibles aux particuliers ».

Air Journal indique que : « Ayant réduit ses activités en Espagne, Airbus a décidé de se lancer dans l’impression 3D de masques à destination du personnel soignant en première ligne dans la lutte contre la pandémie de coronavirus ».

Le site Gomet Santé révèle que : « De son côté, Aix-Marseille Université a pris l’initiative de créer ses propres visières de protection à destination du personnel hospitalier. Un simple ‘’serre-tête’’ fabriqué avec une imprimante 3D, auquel on accroche une sorte d’intercalaire transparent : l’outil paraît rudimentaire, mais a l’avantage de protéger le visage entier des bactéries ».

Dans Le Monde, on lit que : « La mondialisation a accéléré́ le développement de la technologie des imprimantes 3D, et [celles-ci] permettent de fabriquer des pièces au niveau local. D’ailleurs, grâce à ces techniques, [le fabricant de pneus] Michelin participe à la lutte contre le virus en fabriquant un capteur de débit pour les respirateurs d’Air Liquide […] À l’abbaye de Port-Royal [à Paris], dans l’odeur boisée de la salle capitulaire, […] entre les lambris et les colonnes de chênes, des dizaines d’imprimantes 3D ont pris place. On en trouve le même nombre dans la pièce d’en face. Soixante au total, qui ronronnent en coulant à jet continu des filaments de plastiques pour fabriquer en urgence les milliers de pièces de matériel médical dont les hôpitaux parisiens ont cruellement besoin.

En Italie, « la ministre de l’innovation technologique Paola Pisano a d’ailleurs félicité et remercié publiquement des entrepreneurs qui ont réussi à créer des valves respiratoires grâce à l’impression 3D ».

Comme on peut le constater, d’invention extravagante l’impression 3D est soudainement devenue en quelques jours seulement une solution quai miraculeuse peu coûteuse, efficace, simple, rapide à mettre en œuvre et capable de pallier ici et là à une pénurie de matériel si nécessaire à la protection des individus œuvrant en milieu hospitalier. La technologie 3D au service de la santé mondiale !
https://www.lesoleil.com
https://www.ledroit.com
https://www.lechodemaskinonge.com
https://ici.radio-canada.ca/acadie/nouveau-brunswick
https://www.usinenouvelle.com
https://www.air-journal.fr
https://gomet.net/accueil/gomet-sante/
https://www.lemonde.fr


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