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Les futurs chevaliers du ciel

L’avion de combat de demain


4 janvier 2021
Par Pierre Deschamps

Parfois certaines déclarations donnent de leur auteur une bien piètre image. Comme celle-ci qui est le fait de Sam Hughes, ministre de la Milice et de la Défense, du Canada, de 1911 à 1916 : « Les avions sont une invention du diable et ils ne joueront jamais aucun rôle dans un domaine aussi sérieux que la défense d’une nation ». Comme quoi l’art de la guerre ignore, et c’est heureux, les envolées oratoires des politiciens. Car s’il y a une arme qui a profondément marqué l’art de la guerre, c’est bien l’avion de combat.

Comme le note si justement le site avionslegendaires : « La maitrise du ciel va rapidement s’imposer aux belligérants de la [Première Guerre]. Français, Anglais et Allemands, s’acharneront à produire des appareils de combat toujours plus puissants, plus rapides, plus maniables et mieux armés. Entre 1916 et 1918, chaque camp connait par alternance des périodes de supériorité ou d’infériorité en fonction des mises en service de nouveaux modèles. La course à l’innovation vise à répondre aux performances des plus récentes créations de l’ennemi. »

Rien n’a vraiment changé depuis, tant cette dernière affirmation continue de s’appliquer avec la même pertinence en raison des investissements éléphantesques que consentent certains pays pour se doter d’un avion de combat aux avancées technologiques toujours plus pointues. On pourrait dès lors se demander en toute logique ce que sera l’avion de combat de demain.

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En toute humilité, s’il n’est pas du tout question de donner une réponse définitive à une telle interrogation, on peut toutefois dire sans trop se tromper que les futurs avions de combat seront sans doute de deux types. Il y aurait l’avion de combat avec ou sans pilote embarqué – ce dernier n’étant de ce fait rien d’autre qu’un drone. Ou bien cette autre catégorie d’avion de combat que l’évolution technologique récente viendrait imposer pour les aéronefs avec pilote, qui conduit ipso facto à poser cette question : qui sera aux manettes, le pilote ou ce qu’il est maintenant convenu d’appeler un module d’intelligence artificielle autonome ?

D’ici à ce que l’on puisse avoir une meilleure appréciation de ce qu’il adviendra concrètement dans cinq, dix, vingt ou trente ans, on peut toutefois observer quelques grandes tendances dans les pays s’étant engagé dans un programme de recherche-développement de l’avion de combat de demain.

Nombreux sont en effet les pays qui se sont récemment lancés dans pareille aventure. Selon le site nationalinterest.org. Outre la Russie, « les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni, l’Italie, la Suède, le Japon, l’Allemagne, l’Espagne, Taïwan et la France ont tous fait des progrès sur l’avion de combat du futur. Un élément commun a émergé à ce stade […] la conception modulaire qui pourrait permettre à l’avion de s’attaquer à une variété de missions, tandis que des essaims de drones ou de mini-avions similaires pourraient servir à assurer la défense et la reconnaissance du chasseur ».

Pour le site airforce-technology, quatre projets mériteraient à ce moment-ci que l’on suive leur développement, ceux-ci étant pour la plupart associés à la mise au point de drones accompagnateurs.

Le programme Tempest est l’un d’eux. Initié par le Royaume-Uni, en collaboration avec l’Italie et la Suède, ce programme réunit, entre autres, des industriels comme BAE Systems, Leonardo, MBDA, Roll-Royce. Il vise à mettre au point un nouveau chasseur destiné à succéder vers 2035 à l’Eurofighter Typhoon.

Sous la houlette de Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, un programme soutenu par la France, l’Allemagne et l’Espagne est appelé à remplacer au cours des prochaines décennies Rafales, Typhoons et F-18 Hornets.

Au sujet de ce programme, on peut lire sur le site Web du sénat français que : « Construire, avec nos partenaires allemand et espagnol, un système de combat aérien de nouvelle génération, permettra de disposer des meilleures technologies et de faire face à l’ensemble des menaces dans les prochaines décennies ». Des propos qui pourraient tout à fait être ceux de représentants de tous les États lancés dans la course à l’avion de combat de demain.

Aux États-Unis, le programme en cours Next-Generation Air Dominance (NGAD), doté d’un budget de 9 milliards de dollars américains, serait assez avancé si l’on en croit les propos de Will Roper, directeur de l’acquisition de l’US Air Force (USAF) : « Nous avons déjà construit et piloté un démonstrateur de vol à grande échelle et nous avons battu des records. Nous sommes prêts à construire l’avion de nouvelle génération d’une manière qui ne s’est jamais produite auparavant ».

Au Japon, un semblable aéronef, dont le développement a été confié à Mitsubishi Heavy Industries, pourrait fort bien remplacer au cours de la décennie 2030 des F-2 (largement inspirés du F-16 américain) à bout de souffle.

À ces quatre programmes, il faut également ajouter celui en cours en Russie présenté comme étant le Mikoyan MiG-41 (et parfois sous le sigle PAK DP), un avion de combat destiné à être déployé vers 2035-2040. Ainsi que ceux en Chine appelés à remplacer un jour prochain les Chengdu J-20, les Shenyang J-31 et autres semblables.

Pour ce qui est des caractéristiques générales de ces avions de demain, les propos émis en avril 2012 par la Marine des États-Unis semblent toujours aussi pertinents : « développer un chasseur de supériorité aérienne doté de capacités multi-rôles qui peut fonctionner dans des environnements, même les plus hostiles. Les missions principales comprennent le combat aérien, l’attaque au sol, la guerre de surface et le soutien aérien rapproché. Les exigences de la plate-forme incluent des capacités de super croisière ainsi que des fonctionnalités furtives avancées de nouvelle génération, des capteurs et des radars avec adaptabilité réseau. Les missions et les capacités supplémentaires comprennent le ravitaillement en vol, la reconnaissance, la surveillance et l’acquisition d’objectifs, et les attaques électroniques de guerre électronique et leurs contre-mesures ».

Pour mener à bien cet ensemble de missions, ces avions pourront compter sur l’intelligence artificielle. Comme le rapporte le 19 décembre dernier le site begeek, qui a alors fait état d’un interview de Will Roper dans Popular Mechanics daté du 15 décembre 2020 : « une intelligence artificielle (IA) avait pris le contrôle d’un avion militaire, un avion de surveillance U-2 Dragon Lady en l’occurrence, un système purement militaire donc, pour la toute première fois en tant que co-pilote ».

Que dire enfin d’une nouvelle parue sur le site Capital qui affirme que « Boeing et l’armée de l’air australienne développent un drone autonome aux allures d’avion de chasse. Il aura un rayon d’action de 3 700 kilomètres et effectuera ses missions de manière indépendante ».

Le même site affirme ensuite sans ambages, qui l’aurait cru, que : « L’Australie sera peut-être le premier pays doté d’un avion de chasse autonome. […] Baptisé le Loyal Wingman (l’ailier ou coéquipier fidèle), ce bijou technologique sera intégré à des escadrons d’avions classiques pilotés par des humains ». L’Australie ! Rien de moins !
https://www.avionslegendaires.net/
https://www.airforce-technology.com/
http://www.senat.fr/
https://www.begeek.fr/
https://www.military.com/
https://nationalinterest.org/
https://www.globaltimes.cn/
www.capital.fr