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Le secteur manufacturier mal perçu mais indispensable selon René Vézina


12 mai 2014
Par Eric Cloutier
Le journaliste et chroniqueur au journal Les Affaires, René Vézina, était le conférencier invité en ouverture du Salon de la technologie de fabrication de Montréal (STFM), le 12 mai.

Par Eric Cloutier

 

Le journaliste et chroniqueur au journal Les Affaires, René Vézina, estime que le domaine manufacturier demeure indispensable pour l’économie québécoise, même s’il a connu un déclin ces dernières années.

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Paradoxalement selon lui, ce secteur – bien qu’il apparaisse comme étant le troisième plus important après ceux des services de santé et de la finance – souffre encore en 2014 d’un problème de préjugés dans la population en général.

 

Tel est le message qu’a lancé M. Vézina lors de la conférence sur l’avenir de la fabrication au Québec présente en ouverture du Salon de la technologie de fabrication de Montréal (STFM), le 12 mai, à la Place Bonaventure.

 

«On ne reconnaît pas vraiment le secteur manufacturier et c’est là son plus gros drame. Il y a des problèmes de concurrence, de marchés, d’économie mondiale, mais son plus gros problème en est un de perception. Malheureusement, les gens ont encore l’image du ‘’sweatshop’’ (atelier de misère) et que tu arrives les mains sales»,  explique René Vézina, en entrevue exclusive à PIQ.

 

Pire encore selon lui, l’Indice entrepreneurial québécois 2014 publié récemment par la Fondation de l’entrepreneurship révèle que seulement 2% des jeunes songeant à se lancer en affaires pensent au secteur manufacturier. En fait, la grande majorité des jeunes entrepreneurs ne voient pas le secteur manufacturier comme une perspective d’avenir et comme un domaine stimulant et inspirant. Avec les nombreux propriétaires d’entreprises qui partent à la retraite ou qui vont le faire d’ici les prochaines années, il va y avoir un problème de remplacement majeur», précise-t-il.

 

M. Vézina estime que le programme des Gazelles – dont il abondamment parlé durant sa présentation et qui a été mis en place par le Parti québécois en février dernier – s’avère être «un excellent programme» et à la fois essentiel.

 

Rappelons que le programme des Gazelles – annoncé en février 2014 par l’ex-ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, dans la foulée de cette nouvelle Politique industrielle du Québec dévoilée l’automne dernier – vise à sélectionner 300 entreprises à forte croissance au cours des trois prochaines années. Si le programme est maintenu tel qu’il est, ces entreprises, à raison de cent par année, doivent normalement recevoir une offre de service intégrée et un soutien du gouvernement pour devenir des fleurons de l’entrepreneuriat québécois. À l’origine, ce sont 75% des 300 entreprises soutenues qui devraient provenir du secteur manufacturier et 25% du secteur des services tertiaires à forte valeur ajoutée.

 

«C’est un programme qui reconnaît l’importance des manufacturiers et de nommer des champions parmi eux. Cependant, le nouveau gouvernement fait la révision de tous ses programmes et ne sait pas encore si le programme des Gazelles sera maintenu», déplore-t-il, en souhaitant que son maintien soit confirmé sous peu

 

«Les entreprises sélectionnées ont d’ailleurs déjà été choisies. Leurs noms devaient normalement être dévoilés le 30 avril. Cependant, tout est remis en question avec l’arrivée du nouveau gouvernement libéral», conclut-il.