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La mesure des puits de carbone

Une plateforme géospatiale qui scrute les forêts


13 décembre 2021
Par GC Staff
(Photo credit: Kayrros)

Depuis 2011, près de 760 millions de tonnes (Mt) de carbone ont disparu chaque année de l’atmosphère grâce aux forêts, compensant ainsi près de 8 % des émissions de CO2 associées à la consommation d’énergies fossiles et à la production de ciment au cours de cette période.

Voilà ce que révèle les mesures effectuées par le Biomass Carbon Monitor, la première plateforme géospatiale capable de mesurer le rôle des forêts dans la séquestration carbone par l’observation des changements de la biomasse.

Développé par Kayrros, la plateforme la plus avancée du marché dans le domaine de l’observation et le suivi de sites à l’échelle mondiale, en partenariat avec l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), le Biomass Carbon Monitor est depuis fin octobre rendu librement accessible à tous.

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Le Biomass Carbon Monitor permet d’accéder librement à des cartes mondiales de changement des stocks de carbone contenus dans la biomasse aérienne. Les données permettent de quantifier les changements annuels de la biomasse et de déterminer le rôle que jouent les forêts dans la réduction de la quantité de carbone présent dans l’atmosphère.

Les données du Biomass Carbon Monitor sont issues de mesures systématiques de l’émission microondes des surfaces terrestres par le satellite SMOS de l’Agence spatiale européenne (ASE), combinées à des algorithmes particulièrement évolués. Le résultat montre que certaines régions de l’hémisphère nord stockent le carbone, tandis que les régions tropicales touchées par la déforestation sont émettrices.

Parmi les informations apportées par cet outil, voici quelques résultats intéressants.

– Un important puits carbone est visible dans la partie sud de la Chine (Yunnan, Sichuan, Chongqing, Guizhou, Guangxi et Guangdong, y compris Hong Kong et Macao) et représente un gain de l’ordre de 80 Mt de carbone par an depuis 10 ans.

– Les arbres de Russie occidentale, dans les districts fédéraux du Centre, du Caucase du Nord, du Sud et de la Volga, ont séquestré 100 Mt de carbone chaque année entre 2011 et 2020, plus que l’intégralité des forêts de l’UE.

– Dans la région de l’Amérique du Nord – dans les régions du nord-est, du Midwest et du sud-est des États-Unis ainsi que dans les Caraïbes – la biomasse a également augmenté, prélevant environ 93 Mt de carbone par an sur les dix dernières années.

– Dans les régions tropicales, ce sont surtout le remplacement des forêts primaires, riches en carbone, par des plantations et la dégradation forestière qui expliquent les changements observés. Le Brésil (perte de 40 Mt par an) et la Bolivie (perte de 20 Mt par an) témoignent de pertes carbone considérables engendrées par la diminution de la végétation, tandis que le bassin du Congo (gain de 45 Mt par an) et l’Asie du Sud-Est (gain de 30 Mt par an) demeurent des puits de carbone.
https://www.kayrros.com/