Ça roule en grand pour l’hydrogène

Pierre Deschamps
Juin 29, 2018
Écrit par Pierre Deschamps
En avril dernier, Génie de conception publiait un article intitulé « La montée en puissance de l’hydrogène » dans lequel on soulignait que « depuis quelque temps [l’hydrogène] semble connaitre une embellie plus prometteuse que jamais ». Cet article se terminait d’ailleurs sur la question suivante : «… qui peut encore douter que l’hydrogène ne constitue pas une véritable solution énergétique dans le domaine du transport ? ». À la lumière d’un certain nombre d’annonces et de décisions toutes récentes, il semblerait fort que les doutes sur un avenir viable pour l’hydrogène dans le domaine du transport commencent sérieusement à s’estomper.

 

En Chine, selon le quotidien Les Échos, « 360 voitures, bus ou camions roulant déjà avec cette technologie ont été assemblés là-bas en 2017 - un chiffre qui doit être quadruplé cette année ». En terme de stations cela se traduira par « cent stations en 2020, 1 000 en 2025 et 3 000 en 2030. ». Le gouvernement chinois s’est d’ailleurs fixé comme objectif de « faire circuler 5 000 véhicules hydrogène dans deux ans, 50 000 dans sept ans et un million dans douze ans ».

Pour soutenir cette croissance des véhicules carburant à l’hydrogène, « le gouvernement [chinois] a mis en place un système d'incitations très poussées. Sur la période 2016-2020, la subvention pour l'achat d'une voiture hydrogène s'élève à 31 000 dollars [américains], celle pour un bus et un camion à 46 000 et 77 000 dollars, tandis que la construction d'une station de recharge est aidée à hauteur de 600 000 dollars. Côté constructeurs, Dongfeng, FAW, SAIC et Greatwall semblent être les plus impliqués dans le domaine ».

En Allemagne, un plan adopté en 2016 prévoit soutenir la technologie du transport à l’hydrogène grâce à un investissement équivalant à quelque 380 millions de dollars canadiens dans une première phase allant jusqu'en 2019. Dans ce pays, qui compte une quarantaine de stations de recharge (chiffre qui devrait être porté à 100 en 2019 et à 400 en 2023) entre 200 et 300 véhicules y utilisent déjà l’hydrogène.

À la mi-juin, Hyundai et Audi ont un signé un accord technologique portant sur le développement de piles à combustion pour la propulsion de voitures électriques à partir de l'hydrogène. « Cette forme de coopération est la meilleure façon d'obtenir un avantage technologique avec des structures de coûts attractives à long terme », a déclaré en substance Peter Mertens, membre du comité en charge du développement technique d'Audi.

Qui plus est, le gouvernement de la Corée du Sud a décidé tout récemment de consacrer l’équivalent de quelque trois milliards de dollars canadiens au développement de la filière hydrogène au cours des cinq prochaines années. À cette fin, le gouvernement sud-coréen soutiendrait des partenariats privé-public qui verraient, au cours de cette période, le déploiement de 310 stations de recharge à hydrogène qui assureraient l’approvisionnement d’environ 16 000 véhicules.

En France, le 1er juin dernier, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a présenté un plan de déploiement de l’hydrogène assorti d’un budget de 100 millions d’euros à partir de 2019. Ce plan vise à soutenir la production d'hydrogène, le stockage électrique, de même que des applications dans le secteur des transports.

L’un des axes de ce programme est : « Une valorisation par des usages de la mobilité en complémentarité des filières batterie ». En clair, il s’agit de favoriser des « solutions basées sur l’hydrogène [qui] complètent celles reposant sur une électrification "tout batterie", notamment pour les usages nécessitant des temps de rechargement rapides, des grands rayons d’action ainsi que pour les transports lourds. Les progrès technologiques réalisés permettent d’envisager des déploiements à grande échelle ». En fait, ce plan prévoit que « l’hydrogène devra également être valorisé dans les usages de mobilité de manière complémentaire aux batteries ». Ce plan permettrait de déployer un réseau de quelque 400 stations de recharge à l’hydrogène d’ici 10 ans.

Plus singulier est le résultat d’un récent sondage en Suisse qui détaille le rapport des Suisses à la mobilité. Comme le souligne un récent article du quotidien suisse Le Temps, «Les Suisses n’ont que moyennement confiance dans la voiture électrique, vue comme une solution transitoire. Ils sont d’avis que d’autres technologies propres doivent être développées, en particulier l’hydrogène. Tel est le constat de l’un des points de l’étude Sophia 2018 commandée pour le récent Forum des 100 du Temps ».

Plus étonnant encore est ce que souligne ce quotidien : « Cette foi dans le carburant hydrogène est assez surprenante. Promue grâce à d’énormes moyens par l’industrie automobile, la mobilité 100 % électrique est désormais vendue comme une finalité vertueuse, non comme une étape intermédiaire vers des véhicules sans carbone. Selon le sondage, les Suisses résistent à ce puissant effort de marketing, tablant sur des technologies selon eux plus prometteuses ».

https://www.lesechos.fr
https://www.letemps.ch
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/plan-hydrogene-outil-davenir-transition-energetique

 

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