Une planète encore peu connue

Pierre Deschamps
Novembre 05, 2018
Écrit par Pierre Deschamps
L’exploration de l’espace est devenue un incontournable pour certaines grandes puissances qui veulent de la sorte affirmer leur supériorité scientifique et technologique. SI la Lune a été l’une des cibles les plus faciles à observer en raison de sa proximité avec la Terre, avec entre autres tout dernièrement la mission chinoise Chang’e, d’autres astres ont aussi eu la visite de satellites de toutes sortes. Ainsi en est-t-il de Jupiter vers laquelle ont été envoyées dès les années 1970 les sondes Pioneer puis Voyager. Plus récemment Mars semble avoir non seulement la ferveur des agences spatiales, mais aussi celles du cinéma puisque depuis À 14 millions de lieues de la Terre, (1918) du cinéaste danois Holger Madsen jusqu’à Seul sur Mars (2015), du réalisateur britannique Ridley Scott, plus d’une quarantaine de productions ont célébré la Planète rouge. 

 

À côté de ces stars des mondes lointains, Mercure a été pour ainsi dire été presque ignorée. Sur le site Rêve d’espace, on peut d’ailleurs lire que « Mercure, la plus petite planète de notre Système Solaire, reste peu connue, car Mercure est très proche du Soleil, à 58 millions de kilomètres ou 0,39 UA (Unité Astronomique = distance Terre-Soleil). Elle est difficile à observer directement depuis la Terre, sauf à l’aube ou au crépuscule, lorsque la luminosité du Soleil ne dépasse pas celle de la planète ». Jusqu’à tout récemment, seule la sonde spatiale Messenger mis en orbite en 2011 par la NASA autour de Mercure en 2011 et les survols de Mariner 10, en 1974-1975, nous ont quelque peu renseigné sur cette planète 

Mais voilà que le 20 octobre dernier, Mercure a été le centre d’attractions de tous les planétologues de la planète. « Pour pallier ce déficit d’informations, la mission européenne BepiColombo [a lancé] en octobre 2018 les deux sondes MPO (Mercury Planetary Orbiter) et MMO (Mercury Magnetospheric Orbiter), […] qui arriveront en orbite autour de Mercure fin 2025 », note le site du CNRS consacré à cette mission. Celle-ci a été surnommée BepiColombo en référence à Giuseppe Colombo, un professeur à l’université italienne de Padoue qui avait été l’un des chercheurs impliqués dans les survols de Mercure par Mariner 10.

« Les deux satellites qui la composent [ont été] être lancés de Kourou, en Guyane, […] par une fusée Ariane 5. Après un périple de sept ans, et deux passages près de Vénus afin de bénéficier d’une assistance gravitationnelle, BepiColombo, dont la conception des instruments a impliqué huit laboratoires liés au CNRS, observera pendant deux ans, jusqu’en 2027 », précise Martin Koppe, du Journal du CNRS.

« L'envoi d'une mission vers Mercure présente des difficultés techniques majeures, estime-t-il. Du fait de la proximité du Soleil la sonde spatiale est soumise à des températures oscillant entre -180°C et +450°C qui nécessitent le recours à différentes dispositifs (bouclier thermique) pour la protéger. Par ailleurs pour parvenir à se mettre en orbite autour de Mercure, BepiColombo doit fortement réduire sa vitesse : pour remplir cet objectif la sonde spatiale utilise une propulsion ionique, seule capable de produire une telle décélération ».

Deux agences spatiales ont uni leurs efforts pour mener à bien la mission BepiColombo : l’ESA (European Space Agency) et JAXA (Japan Aerospace Exploration Agency). La première a développé la sonde MPO, tandis que la seconde a été mandaté pour mettre au point la sonde MMO.

« Les deux satellites qui la composent [ont été] lancés de Kourou, en Guyane, […] par une fusée Ariane 5. Après un périple de sept ans, et deux passages près de Vénus afin de bénéficier d’une assistance gravitationnelle, BepiColombo, dont la conception des instruments a impliqué huit laboratoires liés au CNRS, l’observera pendant deux ans, jusqu’en 2027 ». En fait, « BepiColombo n’arrivera pas avant 2025 aux abords de Mercure, après un voyage de 8,5 milliards de kilomètres, soit l’équivalent de la distance aller-retour entre la Terre et Neptune. 

Chaque sonde a un mandat bien précis. MPO réalisera une cartographie complète de Mercure et en étudiera la composition et la structure interne. Quant à Mio, elle en analysera le champ magnétique et sa magnétosphère (zone située autour d'un corps céleste dont les caractéristiques physiques sont régies par le champ magnétique émis par ce dernier). Les données qui seront recueillies serviront à mieux comprendre la formation et l’évolution des planètes dites internes, c’est-à-dire les planètes proches de leur étoile, dont la Terre.

https://bepicolombo.cnes.fr/fr
https://reves-d-espace.com
https://lejournal.cnrs.fr

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